On ne tarissait pas d’éloges sur la beauté de l’insecte, les couleurs vives de ses ailes retenant tous les suffrages. Les conversations s’étaient tues, tous n’avaient d’yeux que pour le papillon, qui tenait ses spectateurs en haleine en se posant et se reposant de-ci de-là. La foule de curieux suivait désormais ses pérégrinations à travers le parc.
Vint le soir. Inlassablement le papillon poursuivait son vol. On sortit des candélabres pour mieux l’observer. Attiré par la lumière, l’insecte vint exécuter ses pirouettes aériennes devant les flammes. Ses ailes brillèrent alors de mille feux, tels les vitraux d’une cathédrale. On s’extasia davantage. Les chuchotements se firent encore plus nombreux.
Puis, une autre voix s’éleva, non loin : un sphinx venait de faire son entrée dans le spectacle de la nature. Les curieux changèrent l’objet de leur curiosité. Tous discutaient désormais de ce visiteur nocturne.
Le papillon, resté seul à la lueur du candélabre, manqua un battement d’ailes qui effleurèrent la flamme. Il s’embrasa et se consuma en quelques battements de cils.
Dans la douceur vespérale, le jardin résonnait de conversations joyeuses et de rires d’enfants.